Designer son bonheur 6/19
Cinquante ans, l’âge de la sagesse, de la liberté retrouvée pour certains, d’un nouveau souffle pour d’autres. Mais qu’est-ce que la véritable liberté si elle n’inclut pas la libération de nos chaînes intérieures, de ces croyances et blessures qui nous ont façonnés, parfois à notre insu ?
Sur ce chemin exaltant de la deuxième moitié de notre vie, le premier pas vers un changement profond et durable réside dans la prise de conscience. Comme le soulignait si justement Nathaniel Branden, « Le premier pas vers le changement est la prise de conscience. Le second est l’acceptation. ».
Alors, prêt(e) à explorer les mécanismes subtils qui régissent vos pensées et vos comportements ? Prêt(e) à entamer une aventure intérieure qui vous mènera vers une liberté encore insoupçonnée ? Accrochez-vous, car le voyage au cœur de soi ne fait que commencer.
Déjouer les pièges de l’esprit : comprendre nos croyances limitantes
Nous avons tous des schémas de pensée, des convictions profondes qui guident nos actions et nos réactions. Certaines de ces croyances nous soutiennent, nous propulsent vers l’avant. Mais d’autres, insidieuses, nous freinent, nous enferment dans des rôles et des comportements répétitifs qui ne nous servent plus. Comprendre et se libérer de ses croyances qui nous limitent est une étape cruciale pour vivre pleinement cette nouvelle phase de notre vie.
Pour éclairer ce processus de libération, penchons-nous sur les travaux de deux auteurs éclairés : Lise Bourbeau, dont les ouvrages ont connu un succès international, et plus récemment Céo Da Silva. Ensemble, elles ont identifié cinq blessures fondamentales qui nous empêchent d’être pleinement nous-mêmes. Ces blessures, bien que ressenties à des degrés divers, ont souvent une influence dominante sur notre manière d’interagir avec le monde et avec nous-mêmes.
À la découverte de nos blessures originelles : un pas vers la guérison
Il est essentiel de comprendre que l’identification de ces blessures n’a pas pour but de nous enfermer dans une case, mais plutôt de nous offrir une clé de lecture pour décrypter certains de nos comportements et réactions. Comme le soulignent les auteurs, chaque blessure est associée à un comportement (ou masque) spécifique, une stratégie inconsciente que nous mettons en place pour nous protéger de la souffrance originelle.
Loin d’être une fatalité, la prise de conscience de ces blessures et des masques qui y sont associés est le point de départ d’un processus de guérison et de libération. Alors, explorons ensemble ces cinq blessures :
- La blessure du rejet et le masque du fuyant. Cette blessure prend racine dans un sentiment profond de ne pas être désiré, d’être mis à l’écart. Elle est souvent liée à une incapacité à se pardonner et à pardonner aux autres. La personne qui porte cette blessure adopte fréquemment le comportement du fuyant, cherchant inconsciemment à éviter les situations où elle pourrait être rejetée. Pour guérir cette blessure, il est crucial de cesser de fuir et d’affronter la peur du rejet. Ce chemin vers l’acceptation de soi et des autres est un fil conducteur essentiel de toute démarche de bien-être.
- La blessure d’abandon et le masque du dépendant. Cette blessure se manifeste par un sentiment de manque affectif profond, souvent ressenti dès l’enfance. La solitude est la plus grande peur de ceux qui portent cette blessure, les poussant à adopter un comportement de dépendance affective. Ils recherchent constamment l’attention et la présence des autres pour combler un vide intérieur. Ironiquement, la blessure d’abandon se guérit quand on se sent bien, seul, et que l’on recherche moins l’attention. Apprendre à savourer sa propre compagnie, à se nourrir émotionnellement par soi-même, est la clé. Victor Hugo l’exprimait avec force : « La solitude est bonne aux grands esprits et mauvaise aux petits. La solitude trouble les cerveaux qu’elle n’illumine pas ».
- La blessure d’humiliation et le masque du masochiste. Cette blessure, souvent inconsciente, se développe lorsque l’enfant sent qu’un de ses parents a honte de lui. Le comportement masochiste qui en découle peut se traduire par de l’auto-sabotage, une tendance à se dévaloriser ou à accepter des situations humiliantes. Elle se guérit par la prise de conscience de cette honte ressentie et le fait de pardonner aux autres et à soi-même. Reconnaître la source de cette blessure et se libérer du poids de la honte est un acte de courage et de réparation profonde.
- La blessure de trahison et le masque du contrôlant. Cette blessure d’enfance, parfois liée au complexe d’Œdipe, engendre un comportement qui veut tout contrôler (par peur d’être trahie). La personne qui porte ce masque a souvent vécu, dans son enfance, le ressenti d’une trahison, souvent de la part d’une figure parentale. Lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu, ce besoin de contrôle peut se transformer en agressivité. Pour se soigner, la prise de conscience, l’acceptation et le lâcher prise sont les clés de la réussite. Si le lâcher prise peut sembler une montagne à gravir, il est essentiel de comprendre qu’il s’agit d’un processus graduel, soutenu par la conscience de nos mécanismes de contrôle.
- La blessure d’injustice et le masque du rigide. Les personnes qui portent cette blessure sont généralement très émotives mais mettent en place des stratégies pour ne pas le montrer. Elles masquent leur sensibilité derrière un comportement rigide, perfectionniste et parfois intransigeant. Derrière cette façade de contrôle se cache une grande sensibilité. En acceptant d’être en contact avec ses émotions tout en se sentant en sécurité, cette blessure se guérit, et la rigidité s’estompe progressivement. Permettre à ses émotions d’exister sans jugement est un acte de libération puissant.
Alors, vous avez identifié votre blessure principale ? Comme on le dit dans la vidéo en bas de cet article, n’ayez crainte si vous pensez les avoir toutes, c’est normal. L’idée est d’identifier celle qui vous « plombe » le plus dans votre quotidien. C’est déjà un grand pas avant de pouvoir l’accepter.
Nos blessures, reflets de notre monde intérieur
Il est fascinant de constater comment nos blessures interagissent avec notre environnement. « Nos blessures sont nos miroirs… ». Imaginez-vous comme un diamant brut, dont chaque rencontre, chaque interaction, crée une nouvelle facette. Lorsque vous recroisez une personne, elle peut activer une facette de vous qui vous plaît… ou vous déplaire.
Alors, prenons le temps d’analyser pourquoi nous ressentons du bien-être, de la paix ou de la jalousie, de la colère en présence de quelqu’un ou dans une situation de notre quotidien. Souvent, ce que nous n’aimons pas chez l’autre résonne avec une part de nous que nous avons du mal à accepter ou à exprimer. Ce que nous faisons de notre vie dépend de nos blessures qui influencent nos croyances qui elles-mêmes influencent nos pensées…. Accepter cette interdépendance est le premier pas vers la possibilité de transformer nos réactions et nos expériences.
Ne laissez pas vos blessures définir votre avenir
Alors que nous entamons cette nouvelle étape de notre vie, il est crucial de se rappeler le sage conseil de Paulo Coelho : « Ne permettez pas à vos blessures de vous transformer en quelqu’un que vous n’êtes pas ». Nous avons le pouvoir de transcender nos blessures, de ne plus les laisser dicter nos choix et nos relations.
L’écho du corps : écouter les messages non dits
Au-delà de nos blessures émotionnelles, notre corps est également un messager puissant. « Notre corps est une caisse de résonance ». On nous dit souvent qu’il faut écouter son corps, mais comment faire concrètement ? Les maux que nous ressentons sont les mots que notre corps voudraient prononcer…. Le mot même de « maladie » pourrait se décomposer en « mal a dit ».
Des recherches récentes ont mis en lumière le rôle crucial de notre ventre, et plus particulièrement de l’intestin, souvent qualifié de notre second cerveau, voire potentiellement le premier. Il est étonnant de constater que par exemple, 95% de la sérotonine produite dans notre corps vient de l’intestin. Cette hormone joue un rôle essentiel dans la régulation de notre humeur et de notre comportement. Bien que la science continue d’explorer ces liens complexes, il est indéniable que notre état physique et émotionnel sont intimement liés.
L’union corps-esprit : la clé d’une vie épanouie
À l’image du couple pensées conscientes/pensées inconscientes, c’est en prenant en compte le couple « corps et esprit » que nous pourrons déceler l’anxiété, le stress, les blessures ou les traumatismes. Apprendre à écouter les signaux de notre corps, à reconnaître les tensions et les douleurs comme des messages, est une étape fondamentale vers la guérison et le bien-être. L’ouvrage de Michel Odoul, « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi », est un guide précieux pour explorer les origines émotionnelles de nos douleurs physiques. Il nous rappelle que nos douleurs ne sont pas forcément uniquement « mécaniques ».
Le chemin de la libération : acceptation et pardon
Pour véritablement embrasser cette nouvelle aventure à 50 ans et au-delà, deux maîtres mots s’imposent : l’acceptation et le pardon. « Accepter, ce n’est pas se résigner, mais rien ne vous fera perdre plus d’énergie que de résister face à une situation que vous ne pouvez pas changer », nous rappelle le Dalaï-lama.
Après l’acceptation, vient la puissance transformatrice du pardon envers soi et envers les autres. La pratique du Ho’oponopono, ce mantra hawaïen repris dans le livre de Luc Bodin & Maria-Elisa Hurtado-Graciet : « Désolé, pardon, merci, je t’aime », peut être un outil précieux dans notre démarche vers plus de paix intérieure et, par conséquent, dans nos relations avec les autres.
Oser rêver : écrire le scénario d’une vie épanouie
Une fois que nous avons commencé à explorer nos blessures, à accepter notre passé et à nous ouvrir au pardon, nous sommes dans les meilleures dispositions pour envisager l’avenir avec optimisme. « C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante », affirmait Paulo Coelho dans L’Alchimiste.
Alors, prenons le temps d’imaginer la vie qui nous fait rêver, celle qui nous rend heureux rien qu’à l’imaginer. Cette cinquantaine n’est pas une fin, mais un nouveau commencement, une opportunité unique de créer une vie alignée avec notre être véritable, libérée des chaînes du passé. L’aventure ne fait que commencer, et elle s’annonce plus passionnante que jamais ! Let’s go ! 🙂