Dans un monde où les monnaies fiduciaires s’érodent et les actifs traditionnels subissent une dépréciation constante, une voix s’élève avec une clarté et une audace rares pour pointer vers l’avenir de la richesse : celle de Michael Saylor, le PDG de MicroStrategy. Il avait déjà prévu la crise de 2008 et vous pouvez le retrouver dans l’excellent film « The Big Short : Le casse du siècle » sorti en 2015 et auréolé d’un Oscar en 2016.
Selon Saylor, le système financier mondial est à l’aube d’une transition monumentale, où la rareté numérique émerge comme le réservoir de valeur le plus fiable. Il ne s’agit pas d’une simple tendance passagère, mais d’une métamorphose profonde où le Bitcoin est appelé à devenir la pierre angulaire de la richesse à long terme, conçu pour survivre à des régimes économiques entiers, des entreprises et même des gouvernements.
Préparez-vous à plonger dans des prédictions financières audacieuses et des perspectives profondes qui pourraient non seulement transformer votre compréhension de l’argent, mais aussi la manière dont vous envisagez la sécurité et la croissance de votre patrimoine sur des décennies, voire des siècles.
Le Bitcoin : Un Colosse émergent dans le paysage des actifs mondiaux
Michael Saylor projette sa vision dans laquelle le Bitcoin va s’arroger une part considérable de la richesse mondiale. Sa prédiction est stupéfiante : si le prix du Bitcoin atteignait 13 millions de dollars par pièce, cet actif numérique passerait d’une infime fraction – un demi-pourcent, ou 20 à 30 points de base – des actifs de capitaux mondiaux à une part colossale de 13% de la totalité de ces actifs. Cette ascension spectaculaire ne signifie pas que le Bitcoin remplacera l’immobilier, les actions ou les obligations, mais qu’il rivalisera directement avec eux, s’établissant comme un indice monétaire majeur pour l’argent à long terme.
Cette conviction n’est pas nouvelle pour Saylor. Il a affirmé, il y a plus de quatre ans et demi, qu’il n’existe qu’une seule matière première numérique universellement reconnue dans le monde : le Bitcoin. Pour lui, il n’y a pas de « second meilleur ». Une conviction si forte qu’il a investi 33 milliards de dollars ! Même si d’autres entités se revendiquaient comme des matières premières numériques, Saylor est catégorique : elles sont toutes vouées à l’échec si leur cas d’utilisation est le stockage de valeur ou la monnaie. En effet, le marché libre choisira toujours le réseau le plus fort, et tout le reste finira par tendre vers zéro.
La décomposition de l’argent : De la monnaie courante au capital immortel
Pour comprendre la place unique du Bitcoin, il est essentiel d’adopter la distinction que Michael Saylor fait entre deux types fondamentaux d’argent : la monnaie courante (currency) et le capital.
- La monnaie courante : pour les besoins à court terme La monnaie courante, c’est l’argent que l’on utilise pour les transactions quotidiennes et les obligations à court terme. Imaginez que vous viviez en Argentine, où la loi vous impose de payer vos impôts en pesos. Dans ce cas, vous détiendrez des pesos argentins (ARS) le temps nécessaire, peut-être quelques semaines. Cependant, si cette monnaie perd 20, 30, voire 40% de sa valeur par an, vous la détiendrez le moins longtemps possible. Pour les besoins à moyen terme – de quelques semaines à quatre ans – le dollar américain (USD) devient le refuge privilégié. Personne ne détiendrait des monnaies faibles et instables comme le Bolivar vénézuélien, le Naira nigérian, ou les devises syriennes, afghanes ou irakiennes pour une durée significative. Le dollar américain, dans ce contexte, représente la stabilité relative. Saylor note que le dollar, qui représentait 13 à 17% de la masse monétaire M2, pourrait voir cette part augmenter jusqu’à 30% avec la circulation croissante des stablecoins adossés au dollar, rivalisant ainsi avec d’autres grandes devises mondiales comme l’Euro, le Yen japonais et le Yuan chinois.
- Le capital : pour la richesse à long terme et la postérité Mais qu’en est-il de la gestion de l’argent pour des horizons de temps beaucoup plus longs – de quatre ans à 400 ans ? Ici, Saylor est catégorique : aucune institution ni aucun individu fortuné ne prétendrait détenir la majorité de ses actifs en dollars ou en pesos. Les personnes les plus riches du monde, comme Elon Musk, Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg, détiennent moins de 1% de leur fortune en dollars américains. Pourquoi ? Parce que l’argent à long terme est détenu sous forme de capital. Ces actifs de capitaux sont traditionnellement répartis en trois catégories principales :
- Les obligations : Qu’il s’agisse d’obligations d’entreprises ou de bons du Trésor.L’immobilier : Posséder un bâtiment, une propriété, une maison ou tout autre actif physique tangible.Les actions : Des participations dans des entreprises privées ou publiques, comme un portefeuille de titres du S&P 500 ou des actions des « Magnificent 7 ».
Le Bitcoin : L’actif sans émetteur, gage d’immortalité du capital
Ce qui rend le Bitcoin si spécial et si crucial pour l’avenir, selon Saylor, c’est sa nature unique d’actif sans émetteur. Pourquoi cela est-il si désirable ?
- Pour les entreprises : Une entité qui ne veut pas faire confiance à une autre entreprise.
- Pour les pays : Une nation qui ne veut pas dépendre ou faire confiance à un autre pays.
- Pour les épargnants : Un individu qui souhaite stocker son argent pour 200 ans, sachant qu’aucune entreprise et aucun gouvernement ne sont garantis de durer aussi longtemps.
En bref, le Bitcoin séduit ceux qui aspirent à un « capital immortel » – une richesse qui peut être transmise et prospérer à travers les générations. Il n’est pas seulement un actif, il est une assurance contre l’incertitude et la défaillance des institutions humaines.
La reconnaissance officielle : Le Bitcoin, seule matière première numérique décentralisée
La singularité du Bitcoin est un point central de l’argumentaire de Saylor, et il souligne qu’elle est de plus en plus reconnue au plus haut niveau. Il rapporte que David Sacks, une figure influente, a affirmé sans équivoque lors du podcast « All-In » que le gouvernement américain ne reconnaît qu’un seul actif crypto comme étant décentralisé : le Bitcoin.
Cette déclaration est d’une importance capitale car elle vient d’un membre du cabinet responsable de la politique des actifs numériques, fournissant ainsi une orientation très claire. Le Bitcoin est officiellement considéré comme une matière première numérique, un actif sans émetteur, et c’est la politique des États-Unis et de son président. En fait, le président avait déjà demandé un rapport sur le sujet dans les six mois suivant un ordre exécutif, soit d’ici la fin juillet.
Cette reconnaissance découle de la nature intrinsèquement décentralisée du Bitcoin. Contrairement à d’autres cryptomonnaies, il n’est pas gouverné par un fondateur, un émetteur ou un organisme centralisé capable d’en modifier les règles. C’est pourquoi, selon Saylor, le Bitcoin est le seul actif aux États-Unis admissible pour une réserve stratégique de Bitcoin.
L’histoire des « guerres de forks » (Bitcoin Cash, Bitcoin Satoshi Vision) est un témoignage éloquent de cette dynamique. Même si ces projets tentent de se positionner comme des matières premières numériques ou des versions décentralisées du Bitcoin, ils sont tous voués à l’échec si leur objectif est le stockage de valeur ou la monnaie. Le marché libre, implacable, choisit toujours le réseau le plus robuste, le monétise, et pousse toutes les alternatives à zéro. La position de Saylor n’est pas qu’il est impossible de créer théoriquement une autre matière première numérique, mais que, d’un point de vue pratique, le marché a déjà choisi.
Le Bitcoin comme propriété numérique : Une nouvelle source de richesse pour les nations
Michael Saylor va encore plus loin en proposant une métaphore puissante pour appréhender le Bitcoin : celle de la propriété numérique. Il compare la détention de Bitcoin à la possession de 100 acres de terrain à Manhattan il y a un siècle. Si votre famille possédait une telle propriété, vous ne la vendriez pas pour payer vos factures ; vous la loueriez, la développeriez, ou emprunteriez contre elle pour générer des revenus. Vous pourriez ainsi générer des milliards de dollars sans jamais vendre le terrain lui-même.
De la même manière, le Bitcoin, en tant que propriété numérique, permettra de le louer, de le financer ou de construire des entreprises sur son protocole dans l’économie numérique. Cette vision a des implications massives, non seulement pour les individus et les entreprises, mais aussi pour les gouvernements.
Saylor estime que, d’ici 2045, les États-Unis pourraient générer 10 000 milliards de dollars par an simplement en capitalisant sur le Bitcoin. En le détenant comme une réserve stratégique, la nation pourrait passer d’un statut de débiteur net à celui de créancier net, augmentant ainsi sa richesse et son rendement sans s’enfoncer davantage dans la dette. Le Bitcoin, dans cette optique, est bien plus qu’un simple actif ; il est la pierre angulaire d’un tout nouveau système financier qui sécurisera la richesse, renforcera les entreprises, fortifiera les gouvernements et a le potentiel de transformer radicalement l’économie mondiale.
Cette compréhension plus large est cruciale : en tant que capital numérique, le Bitcoin enrichit déjà les entreprises et pourrait enrichir le gouvernement lui-même, en fonction de la quantité de Bitcoin qu’ils possèdent.
Vers une nouvelle ère de liberté financière
La vision de Michael Saylor est audacieuse et transformatrice. Elle nous invite à regarder au-delà des cycles économiques à court terme et des monnaies fiduciaires éphémères pour entrevoir un avenir où la richesse peut être véritablement immortelle et résiliente. Selon lui, le Bitcoin n’est pas seulement un instrument financier ; il est une déclaration d’indépendance, un outil pour la liberté économique individuelle et nationale.
Le Bitcoin est le fondement d’un nouveau système financier qui promet de sauvegarder la richesse, de renforcer les entreprises, de fortifier les gouvernements et de transformer le monde économique dans son ensemble.
Ce contenu, directement issu des réflexions de Michael Saylor, est une invitation à repenser notre rapport à l’argent et à l’avenir. Si cette perspective a suscité votre intérêt, je vous encourage à approfondir le sujet et vous faire votre propre avis. Evidemment, cet article ne s’apparente d’aucune manière à un conseil financier.
Je vous partage ci-dessous un lien d’une vidéo de Michael Saylor qui explique à Microsoft pourquoi cette entreprise devrait investir dans le Bitcoin. Bon visionnage !